Conférence le 28 septembre à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint Etienne

Architecture des camps et droits des réfugiés.

Palestine, Syrie, Liban : des réfugiés par milliers, quel avenir ?

Conférence le 28 septembre à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint Etienne à 18h30. 

En collaboration avec trois organismes de St Etienne,  l’AFPS, la section Ldh et l’association Imhotep de l’école supérieure d’architecture,  la  section LDH de Roanne a participé au lancement d’une conférence interrogeant la question fondamentale du droit et de l’avenir des réfugiés. Notre conférencier, SOUHEIL EL NATOUR,  peut se targuer d’une expertise juridique puisant directement sur le terrain. En effet, avocat palestinien, réfugié au Liban depuis 1948 et spécialiste des questions de droits humains, il propose d’articuler la question fondamentale  du droit attribué aux réfugiés des divers camps avec sa dimension spatiale liant les questions d’urbanisme et d’architecture de ces lieux clos à la structure verticale et d’allure temporaire.

 

Ainsi, le droit au retour y est sous jacent et soulève l’un des droits essentiels auquel est attachée la population palestinienne dans son ensemble. SOUHEIL EL-NATOUR souligne les craintes qui sont apparues, au cours de ces dernières années, suscitées par l’hypothèse de l’abandon ou l’utilisation monnayée de ce droit.

Donc, la crainte consiste en  la disparition complète de ce droit et naturellement, le glissement vers la réduction d’autres droits tels que prévus par la résolution internationale -194, en passant à travers des négociations directes ou indirectes, aux propositions du « quartet » et jusqu’à la dernière initiative française en cours. La situation des réfugiés palestiniens et syriens sur les différents camps actuels permet de rendre compte de l’insoutenable réalité.

 

*La situation des réfugiés en Palestine

A cela, s’ajoute la situation générale de l’exode et de l’implantation des palestiniens, depuis 1948, dans les différents pays du moyen orient. On ne peut négliger la situation spécifique des réfugiés palestiniens au Liban et leur souffrance depuis 1948, sans oublier les différentes politiques qu’ils ont subies et les principaux problèmes rencontrés au cours de leur présence dans ce pays, nonobstant les solutions que demandent les palestiniens du Liban, afin de faire respecter leurs droits et renforcer l’exécution de leur application.

Notre conférencier propose des exemples concrets tirés du vécu quotidien des palestiniens au Liban, tels que : le droit à la reconnaissance du statut de réfugié, le droit au travail, le droit à la sécurité sociale et à la santé, le droit d’accès à la propriété immobilière, le droit d’association et d’organisation, le droit à la création d’entreprises, le droit à la participation à la vie civile et sociale (les comités populaires des camps).L’exemple de la reconstruction du camp de Nahr El Bared (Nord Liban), depuis 10 ans après sa destruction, est flagrant du non respect des autorités libanaises et des autres parties des engagements internationaux, ainsi que des droits humains les plus élémentaires.

 

*La situation des refugiés palestiniens de Syrie

Cette question s’est imposée dans le quotidien des palestiniens du Liban, vue la crise syrienne de ces dernières années qui a provoqué à nouveau le départ et le déplacement des populations palestiniennes au Liban et ailleurs… et ce, malgré leur volonté. Dans cette optique, SOUHEIL EL-NATOUR esquissera le contour de cette nouvelle réalité dans les camps palestiniens du Liban, en exposant d’une part les conditions de vie inhumaines, depuis la crise syrienne, et d’autre part, les difficultés engendrées par la non considération de cette nouvelle donne par les différentes parties en présence, pour un traitement conforme aux principes même de la déclaration universelle des droits de l’homme. Une comparaison sera faite de la situation de ces réfugiés palestiniens de Syrie, avant crise et après crise, en passant par les conséquences négatives politiques, économiques et sociales. Les craintes de cette population semblent démontrer un glissement vers une réduction progressive et exponentielle de leurs droits déjà obsolètes au Liban.

*Quel est le rôle de l’UNRWA ?

United Nations  Relief and Works Agency, for Palestine Refugees in the Near Est

Depuis 1949, la résolution 302 institue la création de cette agence, à titre provisoire, pour venir en aide et au secours des réfugiés palestiniens. Un éclairage sera dès lors apporté sur son rôle et attributions, avec l’explication de ses objectifs, tels que déterminés par les accords et orientations politiques de la communauté internationale. Un accent sera mis sur l’évolution de son financement qui n’obéit pas à un budget précis et permanent. Il est surtout tributaire du bon vouloir des pays donateurs, à croiser avec les volontés, les peurs ou réticences des pays accueillants, puis avec leurs différentes positions ou relations avec les palestiniens, selon le moment. Aussi, les responsables des différentes délégations représentant cette institution dans les pays hôtes ont joué un rôle déterminant dans les répercussions des dernières années sur les réfugiés palestiniens.

En dépit du droit international et des engagements prônés depuis sa fondation, l’UNRWA ne cesse de réduire ses financements et le traitement des conséquences de la dernière crise syrienne demeure très insuffisant. L’indifférence des parties des contrées du voisinage est totale et est irresponsable. Néanmoins, des  solutions pourraient être proposées, envisagées et construites avec les palestiniens, pour alléger les effets négatifs et les difficultés nouvelles qu’a engendrés cette crise. Pour aider encore faut-il être informé et comprendre la situation ! Cette conférence se veut justement informative, et sensibilise sur des questions internationales et de droits humains pour une réflexion collective vers la recherche de solution et de paix.

« Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »Nelson Mandela

Itidel Fadhloun Barboura

Présidente LDH section Roanne

Co rédaction Souheil EL Natour, traduction de l’arabe par Kamel Chenoufi

 

 

SOUTENIR LES DROITS DU PEUPLE PALESTINIEN

Résolution du Congrès du Mans:

88e congrès de la LDH , 23, 24 et 25 mai 2015

Le peuple palestinien est victime d’un double déni : celui que lui infligent les autorités israéliennes par leur occupation, et celui que lui inflige la communauté internationale par son refus de reconnaître son droit à l’indépendance.
Aucune organisation de défense des droits de l’Homme ne peut accepter que quiconque s’en prenne à des civils, soit volontairement, soit de manière indiscriminée ou par un recours à la force, la responsabilité des gouvernants successifs d’Israël est, dans le crescendo de violences, écrasante. L’accélération de la colonisation qui n’est rien d’autre que le vol de terres par la puissance occupante, l’impunité légalisée de l’armée israélienne et l’impunité de fait reconnue aux colons, la détention administrative des prisonniers et les juridictions militaires, l’interdiction de tout développement économique de la Cisjordanie, le blocus de Gaza, la rétention des droits de douane dus à l’autorité palestinienne, tout simplement l’empêchement de vivre et l’enfermement que subissent quotidiennement les hommes, les femmes, les enfants de Cisjordanie et de Gaza ne peuvent qu’entraîner une résistance légitime mais aussi générer la violence du désespoir.
En construisant un mur dans lequel elles croient pouvoir enfermer le peuple palestinien, c’est aussi le peuple israélien que les autorités de ce pays enferment. Coupé de son environnement, entretenu dans l’illusion qu’une politique de force pourrait se poursuivre indéfiniment, celui-ci est lui-même atteint par les maux que génère inévitablement la domination d’un peuple par un autre : restrictions démocratiques, attaques contre les voix dissonantes, usage de la torture, injustice sociale, gonflement démesuré du lobby militaroindustriel, discrimination à l’égard des Arabes israéliens.
Mais le conflit israélo-palestinien n’aurait pas perduré, ni pris cette ampleur et cette résonance, si la communauté internationale n’avait fait preuve d’une telle partialité. Celle-ci n’a cessé et ne cesse de cautionner la politique israélienne et ce n’est que très récemment que, face à leurs opinions publiques révoltées par le sort réservé au peuple palestinien, plusieurs pays européens ont infléchi leur politique en reconnaissant un Etat palestinien, ou en manifestant leur intention de le faire.
Cela ne suffit pas. Parce que l’Etat d’Israël est un Etat comme un autre, aux mêmes droits et aux mêmes responsabilités, il convient qu’il rende compte de ses actes. Et c’est aux opinions publiques mobilisées qu’il appartient d’exiger de leurs gouvernements que l’ONU fasse respecter ses résolutions, impose des sanctions à l’Etat d’Israël et prenne les mesures nécessaires pour la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, l’accès à tous les lieux saints devant être préservé. La Palestine doit devenir un membre à part entière des Nations unies. La Cour pénale internationale doit se saisir des crimes de guerre commis. Si la communauté internationale doit faciliter le dialogue et la négociation entre les parties, c’est sans oublier qui est l’occupant et qui est l’occupé, et en faisant respecter le droit international sous tous ses aspects.
D’ores et déjà, il convient d’organiser le boycott des produits issus des colonies et des entreprises qui en tirent profit, ainsi que l’arrêt du commerce des armes. La communauté internationale doit s’opposer à la consolidation des faits accomplis illégaux. L’Europe doit suspendre l’accord d’association qui la lie avec Israël. C’est aussi de cette manière que l’on peut tenter, aux côtés des forces de paix israéliennes auxquelles il faut rendre hommage, de changer les choses en Israël même.
Fidèle à son engagement en faveur d’un droit international respectueux des peuples et des individus, la LDH réaffirme le droit à l’existence de l’Etat d’Israël et renouvelle son plein et entier soutien aux droits du peuple palestinien.

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