L’islamophobie, une forme actuelle du racisme

JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L’ISLAMOPHOBIE , les 13 décembre. 2014

La notion d’islamophobie est contestée, et  pourtant la CNCDH note l’augmentation des propos et actes « islamophobes ».

Il est reproché à la notion son origine, de favoriser la concurrence victimaire, de mettre l’accent sur le religieux . Restent les faits.

Deux extraits de l’entretien de la sociologue Houda Asal, dans Médiapart du 12 décembre 2014 permettent une définition de l’islamophobie et de structurer nos actions contre « l’islamophobie » :

Définition:

L’islamophobie s’inscrit dans la sociologie du racisme. Pour comprendre ce phénomène complexe, il faut  d’abord revenir sur ce qu’est le racisme, à quoi il renvoie précisément. Le racisme est un phénomène social qui implique l’imbrication de représentations (stéréotypes, images médiatiques), de pratiques (discriminations, actes de violence) et d’une certaine vision du monde. L’islamophobie est donc une idéologie, qui construit et perpétue des représentations négatives de l’islam et des musulmans, donnant lieu à des pratiques discriminatoires et d’exclusion. Ce racisme peut également culminer en des actes d’hostilité, parfois violents, qui sont en constante augmentation ces dernières années, et qui visent des lieux identifiés comme musulmans mais aussi des personnes. Aujourd’hui, le marqueur religieux comme marqueur racial pose des défis conceptuels et politiques nouveaux. D’une certaine manière, il reconfigure le racisme en tant que phénomène social multidimensionnel.

Champs d’intervention: 

La dimension internationale de l’islamophobie est l’une des spécificités de ce racisme. Une certaine vision de l’islam et de la menace qu’il représente aboutit à la création d’un ennemi extérieur et d’un ennemi intérieur, deux figures qui se mêlent souvent.  (…)

L’autre spécificité est la dimension dite intersectionnelle de l’islamophobie, qui montre comment s’imbriquent la classe sociale et le genre avec le racisme. C’est particulièrement vrai en France, où il existe des liens complexes entre l’histoire coloniale, l’immigration ouvrière et le racisme. La présence musulmane en France découle de cette histoire, même si la plupart des musulmans sont aujourd’hui citoyens français, parfois de classe moyenne, diplômés pouvant être descendants de migrants ou convertis, etc. De plus, l’islamophobie, les stéréotypes et les discriminations qui en découlent touchent de manière différente les hommes et les femmes. Par exemple, la focalisation sur le « voile » place les femmes dans une position particulière, premières victimes des discriminations.

A la LDH, nous dénonçons  les politiques de la haine visant nos compatriotes de religion musulmane ou assignés comme musulmans  par un racisme à fond néo colonial…

S’il faut combattre tous les racismes, il faut aussi savoir   nommer les  formes spécifiques de racisme pour pouvoir les combattre .

On lira la résolution du Congrès de Reims de la LDH : « Pour en finir avec la politique de la haine ».

congres 2011 1

Publicités