Sédentarisation des « Voyageurs », faits et droit.

Les lois discriminatoires les appelaient « nomades », ils sont dénommés administrativement « gens du voyage ». Nous disons « voyageurs ». Leurs métiers les conduisent à se déplacer sur le territoire. Le cadre juridique des lois Besson ont conduit à la mise en place des aires d’accueil et de passage. Certains d’entre eux ont choisi de se sédentariser, parfois sous la pression du stigmate, parfois du fait de l’âge, parfois simplement par choix.

A Roanne, les municipalités successives ont pris en compte ces réalités. La municipalité de Laure Déroche devant la situation précaire des « voyageurs sédentarisés » de la rue Benoit Raclet avait décidé la réalisation d’un programme de relogement adapté. Il s’agissait de réaliser ce que préconise la loi mais aussi le bon sens des rapports parlementaires successifs. Le logement adapté permet à la fois le respect d’un mode de vie et une intégration par le travail. Ce projet ne se réalisera pas.

La réalité est, à Roanne comme ailleurs, celle liée aux besoins croissants de sédentarisation et d’une offre insuffisante d’habitat adapté. Cette situation précaire de sédentarisation conduit souvent à la multiplication de terrains non adaptés. Le débat parlementaire autour de la proposition de loi de Didier Quentin (du 28 novembre 2012) a montré la réalité de ces situations précaires mais aussi la tentation de réponses autoritaires .

De toutes manières, la réponse à une situation évolutive ne saurait se réduire à quelques effets polémiques suggérant que ces familles abusent d’une tolérance coupable ou que la municipalité de Laure Déroche dépensait les finances publiques pour des « illégaux ». La confusion trop fréquente dans ce genre de polémique d’un budget familial avec celui d’une collectivité conduit à se récrier un peu vite des dépenses dans tel ou tel secteur. On renonce donc à un projet pour son coût excessif. Laissera-t-on la situation pendante, recourra-t-on à de nouvelles études, expulsera-t-on ?

Notons enfin que la question du logement adapté n’est pas réductible à celle de la sédentarisation des « voyageurs ». On ne saurait en effet réduire ces questions à une affirmation d’une égalité formelle, nous sommes dans le cadre du logement social qui doit être prévu dans le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPF) élaboré avec les Conseils Généraux, et financés, comme tout logement social, par des fonds spécifiques et par le paiement des loyers… (voir pour la Loire : www.pdald42.fr)

Sur l’actualité du débat on pourra se reporter à :

Proposition de loi : grands passages et évacuation forcée des gens du voyage

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