Hébergement d’urgence, pour une action concertée et inconditionnée.

Dans sa livraison du 4 septembre,  le Pays Roannais publie une analyse du Député- Maire de Roanne à propos de  la situation de l’hébergement d’urgence dans notre territoire.

Trois remarques s’imposent.

1- Le Député-Maire évoque le coût de l’hébergement de « ces gens là ». Mais il ne nous dit pas à quoi correspond la dépense dont le chiffre peut surprendre le lecteur gérant un budget domestique. Nous parle-t-il de l’ensemble du budget de l’hébergement d’urgence? Inclut-il les dépenses liées à l’accompagnement des demandeurs d’asile? Vise-t- il les déboutés du droit d’asile exclusivement? (d’ailleurs majoritairement sans hébergement dans le roannais.)

2- Le Député-Maire refusant de maintenir les aides existantes pour les déboutés du droit d’asile rejette l’ensemble de la responsabilité sur l’Etat. Pourtant le Préfet, Pierre Soubelet disait en 2009, la nécessité d’une action concertée « de tous les partenaires, Etat, collectivités, associations, bailleurs publics », ajoutons « citoyens ». Le Préfet n’introduisait alors aucune distinction entre les différentes catégories de personnes précaires: ce que d’ailleurs la loi interdit.

3- Le Député-Maire évoquant les déboutés du droit d’asile développe un propos moralisant : « dans la vie, il faut assumer les risques que l’on prend ». L’abstraction du propos permet de ne rien dire de la réalité vécue par les demandeurs d’asile. Des personnes qui quittent leur pays parce qu’ elles mêmes et leurs enfants sont menacées ne le quittent pas par légèreté. Ce que les accords internationaux concernant le droit d’asile prennent en compte, ce sont précisément des situations d’exception.

Parce qu’elle défend  l’indivisibilité et l’universalité des droits, la LDH  ne saurait accepter la stigmatisation de telle ou telle catégorie de personnes.

 

 

 

 

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