Au-delà de la sécurité

Nous apprenons à la lecture de la livraison du Progrès du 13 juin 2014 que «La sécurité est redevenue une priorité»  à Roanne. Les annonces sont nombreuses : de l’armement de la Police Municipale à la Vidéo Surveillance en passant  par l’opération  «Voisins Vigilants»  ou par un arrêté «anti mendicité».

Sur l’opération « Voisins Vigilants », on a tout dit depuis la circulaire Guéant du 22 juin 2011 ; sur la vidéo-surveillance, on peut se reporter au rapport de la Commission Nationale Informatique et Liberté. On trouve ce rapport sur le site de la CNIL (voir sur la vidéo surveillance, les pages 56 et suivantes) et on apprend que 30% des villes ne respectent pas les obligations légales.

Voir www.cnil.fr

Dans ces matières de protection des biens et des personnes, la question de la protection des libertés ne doit pas être oubliée. Cet oubli est caractéristique des idéologies sécuritaires.

Un arrêté anti mendicité :

L’arrêté anti mendicité du 24 avril appelle une attention particulière.

On nous dit qu’il s’agit «d’évacuer les mendiants?», mais vers où ? vers les communes voisines ?

On nous dit que les gens ne bénéficiant pas de revenus «peuvent bénéficier d’allocations quelle que soit leur situation». Pourtant, certains ne peuvent pas accéder légalement à l’emploi et sont condamnés à la charité ; pourtant, les associations fournissant des aides sont à la limite de la rupture financière ; pourtant, on apprend la disparition de certaines aides … Exemple : une aide aux transports permettait aux enfants des déboutés du droit d’asile de se rendre à l’Ecole en utilisant le bus, que va-t-il en être ?

On nous dit que la «mendicité agressive» rend «les personnes mal à l’aise» : un cadre légal existe déjà contre la «mendicité agressive», et  n’est-ce pas plutôt les situations d’extrême précarité qui sont à l’origine de notre malaise.

Plutôt que de confondre pauvreté et insécurité, plutôt que d’éloigner la précarité des regards, il faudrait prendre en charge une situation difficile. Les grandes lignes de la situation locale étaient dessinées dans le document d’ANALYSE DES BESOINS SOCIAUX et DE SANTE rendu public par Roannais Agglo en Janvier 2014, ce document prolongeait les constats antérieurs. Les évaluations de la situation des diverses associations et leurs alertes répétées aux pouvoirs publics n’ont pas permis le renversement d’une tendance inquiétante, en particulier pour le  retour au travail de nos concitoyens  qui en sont les plus éloignés.

Depuis des années, la section LDH participe au Collectif ALERTE, nous continuerons.

Pour la LDH, il existe deux manières sortir de la crise que nous vivons : une sortie sécuritaire et une sortie SOLIDAIRE. Nous choisissons la seconde. L’action de la Ldh

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