Les Cinq de Roanne

L’ordonnance de la Cour d’Appel de Lyon du  23 avril 2014 met  fin à presque 4 ans de procédures contre les cinq  CGT de Roanne ; la chronologie de cette affaire manifeste le harcèlement que  ces syndicalistes ont subi.

L’affaire commence par les plaintes du député UMP Yves Nicolin pour «outrage» et du sous-préfet de Roanne pour «dégradation». Elle a continué avec le refus de prise d’ADN.

A l’occasion de la  manifestation  du 23 septembre 2010  sont tagués sur le sol de la chaussée et sur le mur de l’enceinte extérieure  de la sous-préfecture les slogans : «Casses toi, pauvre con» ;  fossoyeur des retraites… Cette manifestation est une des très nombreuses manifestations syndicales conte la «contre-réforme»  des retraites. L’importance de ces manifestations explique probablement l’acharnement qui va suivre et d’abord les plaintes .Cependant, le député Nicolin retire sa plainte fin mai 2011.

Le Tribunal correctionnel de Roanne relaxe  le 27 septembre 2011 les cinq  pour «outrages», les condamne pour «dégradation» à une amende de 2000 euros chacun. Le Tribunal maintient l’inscription  au casier judiciaire. Plusieurs d’entre eux étant membres de la fonction publique, la condamnation équivaut donc à la perte de leur emploi. La Cour d’appel de Lyon, par jugement du 19 novembre 2012, confirme la culpabilité mais les dispense  de peines et annule l’inscription au casier judiciaire.

Le 22 mai 2013, convocation pour prise d’ADN, aux fins d’inscription au fichier national automatisé des empreintes génétiques; les cinq ne se rendent pas à la convocation, estimant que la condamnation de la Cour d’appel les dispensant de peine les dispense aussi du fichage ; arrestation mouvementée (garde à vue) le 23, convocation au Tribunal de Roanne, le 5 novembre, relaxe le 17 décembre 2013, la garde à vue est déclarée illicite.

Le parquet général fait appel de la décision, le 31 décembre 2013. Demande d’irrecevabilité et  23 avril, ordonnance de non admission de l’appel.

Ces quatre ans ont été des années de lutte d’abord pour défendre des syndicalistes pour refuser la criminalisation du mouvement syndical. Autour de la CGT un comité de soutien très large a été créé dès septembre 2010. Le deuxième moment du mouvement a porté sur les fichages et en particulier sur le FNAEG.

La LDH a  pris sa place dans ce mouvement : présence régulière aux actions de ce comité, présence d’un représentant national au meeting de Lyon, devant la Cour d’Appel, et du président à la manifestation nationale organisée à Roanne le 5 novembre 2012.

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